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Bientôt un jardin de roses à l'abbaye de Beaulieu

4 décembre 2020 Mécénat , jardin

A l’heure d’engager une restauration complète de l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, notamment dans le but de présenter de manière permanente l’importante collection d’art moderne léguée par Pierre Brache et Geneviève Bonnefoi, le CMN souhaite agrémenter la perspective Sud d’un jardin de roses.

Cet espace paysager rendra hommage à Geneviève Bonnefoi et à André Eve, célèbre obtenteur de roses et jardinier dont elle estimait le travail.

Plan du futur jardin de roses de l'abbaye de Beaulieu (Greenconcept)

Un jardin de roses en hommage à André Eve

Grand promoteur de la révolution des jardins des 40 dernières années, André Eve bouleverse l’image du jardin de roses en créant des massifs aux formes libres mêlant aux rosiers une très grande variété de vivaces, laissant une place importante aux semis spontanés et révolutionnant l'entretien d'un rosier. Il proscrit dès le début des années 1980 la chimie de synthèse et préconise de donner aux rosiers la compagnie de nombreuses plantes vivaces pour obtenir l’équilibre écologique favorable à leur santé.

Conçu par le paysagiste Patrice Bideguain (Greenconcept), avec le soutien des Roses anciennes André Eve® et en partenariat avec l’Association des Amis d’André Eve, le jardin de roses de l’abbaye de Beaulieu reprend les grands principes du jardinier à qui il rend hommage. Il constituera un trait-d’union unique entre le monument, ses collections, et le paysage préservé de la vallée de la Seye.

Dès 2022, vous pourrez déambuler, au gré de ses allées enherbées, entre les massifs aux formes sinueuses composés généreusement de plantes vivaces et bulbeuses, d’arbustes et d’une multitude de rosiers, dont le rosier Abbaye de Beaulieu® créé en2018 par Jérôme Rateau en hommage à Geneviève Bonnefoi pour ANDRE EVE®.

Rose ABBAYE DE BEAULIEU® créée en 2018 par Jérôme Rateau, en hommage à Geneviève Bonnefoi, pour ANDRE EVE® 

 

L'histoire du jardin de l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue

Les archives ne permettent pas une bonne connaissance des abords de l'abbaye avant la Révolution. A peine peut-on deviner les emplacements du potager, à l'Est, et du verger, à l'Ouest.

Le jardin paysager de l’abbaye de Beaulieu est aménagé sous le Second Empire. Il s’étend à l’Est et au Sud des bâtiments abbatiaux, clos de murs séculaires interrompus au sud par le vaste vivier du XVIIe siècle. Alimenté par les eaux vives de la Seye, celui-ci fait office de saut de loup et crée l’illusion que jardin et prairie ne font qu’un, décuplant la sensation d’espace et d’immersion dans le fond de vallée. La perspective guidant le regard depuis le logis jusqu'à la vaste prairie humide au Sud est guidée par les séquoias, catalpas et arbres de Judée plantés au XIXe siècle.

Laissé à l’abandon pendant plusieurs décennies, comme le reste de la propriété, le jardin est envahi par la végétation spontanée lorsque Pierre Brache et Geneviève Bonnefoi, collectionneurs d’art contemporain et mécènes, deviennent propriétaires en 1959. Tandis que les bâtiments sont restaurés, les époux effectuent quelques plantations : celles d’un magnolia et d’arbres à fruits à l’Est et, aux pieds des façades du logis et dans l’ancien cloître, de nombreuses plantes grimpantes mêlées de vivaces. Au sein de ces plantations, le rosier, qu’aime particulièrement Geneviève, occupe une place essentielle.

Vue de l'abbaye de Beaulieu en 2020 avant les travaux d'aménagement des jardins

La rose et les cisterciens

Au XIIe siècle, au temps des croisades, les voyageurs ramènent du Proche-Orient de nouvelles variétés de roses dont la mythique rose de Damas. C’est à cette époque que la culture du rosier en France débute réellement avec la Gallica officinalis (Rose des Apothicaires), variété cultivée pour les vertus médicinales de son essence.

A la même époque, Bernard de Clairvaux, grande figure de l’ordre cistercien, compare la Vierge à une rose (« Ô Vierge, rose si florissante ») et fait de cette fleur un symbole de Marie et l'emblème de la fidélité à l'Eglise. Les cisterciens prennent dès lors l’habitude de ceindre les statues de la Vierge de couronnes de roses (de là viendra le terme rosaire) et, à la Pentecôte, de jeter des pétales de roses sur les fidèles pour figurer la descente de l’Esprit-Saint.

A Beaulieu, d’anciens systèmes d’accroche sur les façades du logis témoignent de la présence de rosiers dès les premiers temps alors que, dans l’église abbatiale, la clé de voûte de la chapelle mariale est sculptée d’une rose.

Rosa Gallica par Pierre-Joseph Redouté (1759–1840)

Le projet de création du jardin de roses de l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue bénéficie du soutien des Roses anciennes ANDRE EVE® 

https://www.roses-andre-eve.com

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