Du chaos à l’unité, exposition de Philippe Ringlet

15 avril 2017  > 31 octobre 2017 Exposition

Découvrez les œuvres monumentales de l'artiste belge Philippe Ringlet au cœur de l'abbaye.

   

Après une première présentation sous les hautes voûtes gothiques de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen en 2015, l’oeuvre intense de l’artiste belge Philippe Ringlet, Du chaos à l’unité, prendra place dans la nef immense et le chœur de l’abbatiale Sainte-Marie de Beaulieu en Rouergue à partir du 15 avril 2017. En écho à la vie spirituelle que connut le lieu pendant des siècles, le récit imprégné de la longue tradition biblique et des mythes universels du cheminement de la matière vers l’infinité de l’âme va trouver la résonance idéale entre pierre ocre et lumière traversante.

Du chaos à l’unité, « une entreprise colossale « (JS Klein)

La rencontre d’un lieu et d’un artiste est une absolue nécessité pour que l’oeuvre y trouve sa légitimité et ne s’y abîme pas, pour qu’elle y soit non une seule intervention plastique, mais qu’elle y ouvre un passage entre le spectateur et le créateur. C’est en cela la première des réussites de l’exposition de Philippe Ringlet à Beaulieu en Rouergue.

Du chaos à l’unité, « une entreprise colossale » selon les mots de l’historien d’art Jacques-Sylvain Klein, réunit 25 toiles de 2,15 m de haut, autour d’un triptyque central couvrant une surface de 35m². Une sculpture de dix boules de céramique raku, posée sur une longue plaque métallique gravée d’une phrase symbolique est le complément indissociable des toiles peintes, dans ce poème symphonique qui rassemble en un lieu cette thématique intemporelle des états de la matière unifiés par la force de l’esprit.
   

  

Ces toiles immenses créent trois chapitres dans ce Livre pictural et formel : tout d’abord, le thème biblique du Chaos à l’unité, puis la « Sublimation de la matière », ce passage de la matière à l’esprit, comme une porte symbolique devant la chapelle d’axe et les chapelles latérales ; enfin, la série des dix Sephiroth, puissances créatrices dont le symbolisme des couleurs révèle une partie des clefs.

Ce voyage initiatique, appel à l’élévation de l’âme, est marqué à mi-chemin du parcours, celui aussi de l’abbatiale, par la présence terrienne de la sculpture en raku. Cette technique de la céramique japonaise induit une grande maîtrise de la matière et du feu. Les dix sphères posées sur le métal gravé renvoient aux sources de la sagesse pythagoricienne, où l’alchimie du nombre et de la lumière mène du chaos à l’unité.

La magistrale recherche de Philippe Ringlet invite le spectateur à entrer dans cet univers spirituel au rythme des couleurs, de la matière, à construire sa propre lecture de l’oeuvre et à se laisser porter par cet ensemble unique de références culturelles, dans un dialogue silencieux entre lui-même et l’oeuvre.
  

  

L'artiste

Philippe Ringlet est né à Lierse (Belgique) en 1964. Sa quête artistique, profondément ancrée dans une histoire personnelle riche d’histoires littéraires et musicales, lui fait abandonner définitivement dès 2007 les importantes fonctions occupées chez Hermès pour se consacrer à la peinture. Sa pratique artistique, depuis le début des années 1980, lui fait appréhender tout d’abord la figuration, de la nature morte au paysage, avec l’expérimentation de différentes techniques. C’est aujourd’hui l’abstraction qui lui offre la possibilité d’exprimer à travers la couleur et la densité de la matière ses aspirations partagées avec tant d’artistes, une recherche de l’absolue unité, à travers le prisme des formes, des mots gravés et biffés, calligraphies kabbalistiques effacées aux yeux des autres pour leur laisser inventer leurs propres cheminements.

Philippe Ringlet a réalisé ses premières expositions personnelles à partir de 2002, à Lausanne, puis Paris, New-York, Zurich, Rome. Il travaille aujourd’hui sur le texte de Dante, La divine Comédie, nouveau parcours initiatique et formel, avec le projet de réaliser une quinzaine de toiles sur ce thème.

  
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